Quelles sont les conséquences de la consommation du fer venant de la viande ? – Dr. Linda Carney.

        Lorsqu’on leur demande quels aliments contiennent du fer, la plupart des gens vont répondre en énumérant plusieurs types de viande – du bœuf, des crustacés, du foie, etc. Peu de gens savent que le fer est répandu dans une grande variété d’aliments végétaux entiers. Par exemple, les légumes verts à feuilles foncées, les grains entiers, les haricots/légumineuses, les noix/graines, sont riches en fer.

         Nos amis omnivores supposent souvent que parce que nous mangeons un régime sans viande, nous sommes plus sujets à développer une carence en fer. Ceci n’est tout simplement pas vrai. Peut-être que nos amis omnivores devraient être moins préoccupés par nos besoins en fer et plus soucieux de leurs niveaux de fer élevés. Plus précisément, l’excès de fer est beaucoup plus fréquent que la carence en fer. Pour illustrer cela, dans l’étude de la Framingham Heart, on a trouvé seulement 3% de plus de 1000 sujets qui avaient une carence en fer, alors que 13% étaient surchargés en fer. Consommer trop de fer d’origine animale impose une charge toxique au corps, conduisant à de graves problèmes de santé.


  • Quelle est la différence entre le fer héminique et le fer non héminique ?

Le fer est disponible dans les aliments sous deux formes différentes – le fer héminique et le fer non héminique. Parce que « hème » est le mot grec pour le sang, le fer qui vient d’une source animale est appelé fer héminique. Le fer trouvé dans les aliments végétaux est appelé fer non héminique. Cependant, le fer non héminique est également trouvé dans les aliments d’origine animale. Environ 40% du fer dans la viande est du fer héminique, tandis que 55-60% est le fer non héminique.


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  • Les taux d’absorption du fer

L’efficacité avec laquelle le fer est absorbé varie et est influencée par la source (viande ou plantes), et si le niveau de fer dans les cellules et les tissus est adéquat ou non. Le fer héminique de la viande est plus facilement absorbé et est moins influencé par les niveaux de fer alors que le fer non héminique (des plantes) est fortement influencé par les facteurs alimentaires et les réserves de fer du corps. Un système complexe au sein de l’organisme contrôle l’absorption du fer non héminique (plantes) en permettant d’absorber plus de fer lorsque les niveaux sont bas, et en interdisant au fer de pénétrer dans la circulation sanguine lorsque les niveaux sont adéquats. En d’autres termes, la quantité de fer qui est absorbée dépend de la quantité de fer qui est nécessaire. Lorsque les taux en fer sont suffisants, alors un faible pourcentage (environ 5% ou 1-2 mg par jour) de fer dans les aliments est absorbé. La quantité de fer absorbée peut augmenter jusqu’à 20% (jusqu’à 6 mg par jour), lorsque le corps détecte un faible niveau.


  • Le corps ne peut pas éliminer l’excès de fer

Nous vivons dans un monde moderne où notre culture nous fait croire que « plus est mieux ». Pour être en bonne santé, on nous a dit que nous avons besoin de plus de protéines, plus de gras, plus de fer, plus de suppléments de vitamines et plus de soins médicaux. Consommer plus de tout ceci a conduit à une épidémie de maladies chroniques débilitantes, d’obésité, et des coûts en soins de santé ahurissant. Bien que le fer soit un métal essentiel, consommer plus de fer (sous forme de fer héminique venant de la viande) en plus grande quantité que ce dont notre corps a besoin – est hautement toxique. Les effets d’intoxication par le fer sont considérés comme un catalyseur à de nombreux problèmes de santé, autant que le processus de vieillissement lui-même. Notre corps a besoin d’une très petite quantité – environ 1 à 1,5 milligrammes de fer par jour pour remplacer ce qui est utilisé, sauf pendant les périodes règles, de croissance rapide et de grossesse, lorsque plus de fer est nécessaire. Une fois que suffisamment de fer a été absorbé, tout supplément de fer qui n’a pas été utilisé ou recyclé s’accumule lentement et est déposé dans le corps causant des lésions aux organes comme le foie, le cœur, l’hypophyse, la moelle osseuse, la rate, le pancréas et le système nerveux central. Il n’y a pas de mécanisme physiologique qui élimine l’excès de fer dans le corps. Par conséquent, la surcharge en fer et la défaillance des organes se produisent lorsque l’excès de fer est consommé régulièrement au fil du temps, dépassant 1-2 mg/jour. Eliminer les dépôts d’excès de fer peut seulement être atteint en donnant du sang régulièrement, grâce aux règles, et à la perte de sang. C’est important d’indiquer que l’utilisation généralisée de médicaments antiacides forts tels que les inhibiteurs de la pompe à protons (IPP) empêchent l’absorption du fer tandis que la consommation d’alcool augmente l’absorption du fer. La consommation d’alcool peut contribuer à un risque encore plus grand de surcharge en fer.


  • Surcharge en fer
Nos besoins en fer sont supérieurs steak-575806_1280.pngpendant les périodes de croissance rapide (enfance, adolescence), pendant la grossesse et l’âge de procréer pour les femmes. Les hommes ont en besoin beaucoup moins que les femmes. Cependant, quand nous vieillissons, nos besoins en fer diminuent. Ceux qui continuent à consommer plus de fer que ce qui est nécessaire (ce qui est peu) après l’âge de 50 ans peuvent en accumuler trop. L’excès de fer contribue à la production de lésions oxydatives et augmente le taux de vieillissement et le risque de maladie chronique. Le stress oxydatif et les lésions causées par les réserves de fer en excès s’accumulent quand nous vieillissons. De nombreuses études ont lié l’excès de fer à de multiples maladies. Voici quelques exemples de maladies affectées négativement par des concentrations élevées de fer dans le corps :

  • Les maladies cardiaques
Le type de fer présent dans la viande a été impliqué dans le développement des maladies cardiovasculaires. Il a été démontré que le fer héminique (de la viande) augmente le risque d’accident vasculaire cérébral, mais le fer non héminique (provenant des aliments végétaux) n’a pas cet effet. En fait, même juste une petite quantité de fer à partir de sources animales augmente le risque. Les femmes en âge de procréer peuvent perdre du fer en excès à travers leurs cycles menstruels abondants,ce qui peut réduire leur risque de maladie coronarienne. Pourtant , cet effet protecteur présumé est perdu après la ménopause. Lorsque le fer héminique et le fer non héminique sont étudiés de façon indépendante, le fer héminique augmente clairement le risque de maladie coronarienne de 57% alors qu’aucune association n’a été observée pour le fer non héminique. Quand le fer héminique est absorbé, il peut contribuer en tant que déclencheur de l’oxydation du cholestérol LDL, ce qui provoque une inflammation endommageant les tissus, ce qui est un facteur de risque potentiel pour la maladie coronarienne. L’excès de fer dans le corps peut contribuer au développement d’athérosclérose dûe à un
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  • Fer et diabète
Un apport plus élevé de fer héminique venant de la viande est aussi fortement associée à une augmentation du risque de diabète de type 2 et d’autres anomalies métaboliques tandis que le fer non héminique venant des plantes n’est pas associé à ce risque. En fait, pour chaque milligramme de fer héminique consommé, le risque de diabète de type 2 monte de 16%. En plus, le fer héminique et la viande rouge peuvent augmenter le risque de maladie coronarienne chez les femmes qui ont le diabète de type 2.

  • Fer et cancer
La recherche montre que les cancers de l’intestin sont plus susceptibles de se développer chez les personnes qui ont des niveaux élevés de fer. Le risque de cancer peut augmenter jusqu’à 12% pour chaque milligramme d’apport en fer héminique. De nombreuses études ont rapporté qu’une augmentation de consommation de viandes rouges et de viandes transformées est associée à un risque plus élevé de cancer du poumon. D’autres études suggèrent que la consommation de fer héminique est associée au cancer du côlon, en particulier pour les femmes qui boivent de l’alcool.

  • Fer et maladie d’Alzheimer
L’excès de fer a été relié à des maladies neuro-dégénératives du vieillissement, incluant la maladie d’Alzheimer. L’interaction entre le fer et le cholestérol accélère les lésions oxydatives et la lente progression de cette maladie. Lorsque le cerveau des patients atteints de maladie d’Alzheimer sont autopsiés, du fer se trouve dans les petites plaques de bêta-amyloïde en forme de billes qui se développent entre les cellules du cerveau. Un nombre considérable d’études suggère que cet excès de fer joue un rôle clé dans la production de radicaux libres et des lésions des cellules accélérant ainsi le processus de vieillissement en général. Il a été démontré qu’abaisser le fer corporel total augmente la durée de vie de certains organismes. Peut-être que c’est une autre raison pour laquelle ceux qui mangent une alimentation basée principalement sur des aliments végétaux entiers vivent plus longtemps.

  • Le fer non héminique des aliments végétaux entiers est le meilleur fer !
Les défenseurs d’alimentation basse en féculents, haute en protéines vantent la viande comme étant supérieure aux aliments végétaux en raison d’un taux de fer plus élevé qui est plus facilement absorbé. Pourtant, plus de fer n’est pas mieux. La consommation de produits animaux conduit à des maladies d’excès. Les aliments végétaux entiers fournissent tous les nutriments dont nous avons besoin pour maximiser notre santé et minimiser nos risques de maladie. Dans toutes les études, le fer associé à des risques plus élevés de maladie coronarienne, d’accident vasculaire cérébral, de diabète de type 2, de cancer, de stress oxydatif et de vieillissement était le fer héminique qui provient de sources animales.

Le fer non héminique, n’est pas associé à un risque accru de maladie. Ces études démontrent l’importance de manger une alimentation qui ne charge pas nos corps avec trop de fer. Comme nous l’avons vu, les céréales, les haricots/légumineuses et les légumes verts à feuilles foncées fournissent le type de fer (non-héminique) qui peut être facilement régulé par le corps. Le fer héminique (venant de la viande) est plus facilement absorbé – il est moins susceptible d’être influencé si les réserves en fer sont suffisantes ou
insuffisantes.


Au fil du temps, l’accumulation de ce type de fer almond-milk-1074596_1280devient hautement toxique. Cependant,
le fer non héminique des plantes répond au stock de fer dans le corps. Si les réserves en fer sont faibles, le fer non héminique est absorbé. Ensuite, si les réserves en fer sont suffisantes, le fer non héminique est bloqué et ne peut pas entrer dans le corps. Le choix des aliments végétaux entiers par rapport aux aliments d’origine animale permet à notre corps de mieux réguler l’équilibre parfait de fer nécessaire pour nos besoins quotidiens sans les conséquences d’accumuler trop de fer.
Dr. Linda Carney

Etudes et articles de références en Anglais.
Articles : Cancer du colon et viande (The journal of Cancer Research)
Source: Dr. Carney Website : Iron / Traduction:   Nico Starchivore
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